Compte rendu de l’entrevue avec Michel Neyreneuf, adjoint à la Mairie du 18e en charge de l’urbanisme.

Un interlocuteur jovial en apparence, mais peu sympathique

Michel Neyreneuf

La délégation a été très unie et conviviale. Elle a été ferme et courtoise.

M. NEYRENEUF nous a écoutés, ce qui ne veut pas dire qu’il nous ait entendus. De toute façon, il nous a répondu qu’il n’avait aucun pouvoir en tant qu’adjoint au maire d’arrondissement, et que nous devions convaincre les élus concernés du Conseil de Paris (adjoints en charge des sports, des espaces verts, de la petite enfance et du logement). Il a même eu l’outrecuidance de nous dire qu’il n’était pas un politique, ce qui est malhonnête quand on est adjoint au maire d’un arrondissement de Paris.

Nous avons été scandalisés par le mépris avec lequel il a considéré les 2700 signatures (dont 1100 collectées par des résidents du Fleurus, avec l’aide de résidents de l’Orée de Montmartre) recueillies sur la pétition. Il est très choquant d’entendre un élu, donc un représentant du peuple, dire qu’il vient du milieu associatif et qu’il sait donc très bien comment on obtient des signatures sur une pétition, que les gens signent sans savoir de quoi il s’agit !
Une nouvelle choquante

La délibération relative au projet a été votée aujourd’hui par le Conseil de Paris.

La délégation a, d’emblée, protesté contre la méthode peu démocratique qui consiste à recevoir une délégation après qu’une étape aussi importante ait été franchie, alors que la cession dure 4 jours et qu’il était facile de mettre en œuvre un calendrier plus respectueux des interlocuteurs que nous sommes.
Une nouvelle étape qui appelle une forte mobilisation

Jeudi 9 juillet à 18h30, à la salle des fêtes de la mairie du 18ème, une réunion publique est organisée par la mairie d’arrondissement, sur le projet. Il faudra y participer massivement. Nous nous y exprimerons évidemment. Ce sera notamment, car la question des logements est cruciale, d’essayer de faire comprendre à M. Ian BROSSAT que nous ne sommes pas opposés aux logements sociaux, mais que casser un stade pour 20 ou 30 logements sociaux au maximum est un calcul aberrant.

En principe, M. Eric LEJOINDRE, maire du 18ème, présidera cette réunion. Les adjoints de madame HIDALGO, en charge des sports, des espaces verts, de la petite enfance et du logement, devraient y être présents.
Peut-être M. LEJOINDRE, qui n’a jusqu’à présent pas répondu à la demande d’audience du collectif « Pas touche le stade » changera-t-il de comportement si nous lui confirmons notre nombre et notre détermination à cette réunion, jeudi 9 juillet. C’est en tout cas lui qui devrait être la cheville ouvrière du projet, s’agissant de la coordination des approches des 4 adjoints concernés (sports, espaces verts, petite enfance, logement).

Une enquête d’utilité publique sera diligentée à propos de la construction de la piscine et des expropriations qu’elle exige

Cette enquête sera l’occasion de défendre nos revendications (que la piscine soit enfouie trois mètres plus bas dans le sol, ce qui laisse au moins 3,40 de hauteur possible d’éclairage naturel. Qu’elle ne soit pas surplombée, en toiture, par des tennis couverts, ni par un dojo, ni par toute autre construction. Que la toiture de la piscine soit végétalisée).

Cette enquête ne concernera pas les immeubles prévus sur le stade, au motif que le terrain appartient à la mairie. Nous serons donc privés d’une possibilité de concertation et d’expression de la population.

Cette façon de scinder en deux un projet qui est un tout, pour échapper au débat contradictoire, doit être étudiée juridiquement afin de vérifier s’il est possible de la contester.
A une étape ultérieure, un « Comité de suivi » pourrait être mis en place

Un tel comité permet d’associer toutes les associations et personnes qui le souhaitent, et s’engagent à y participer assidument et activement, au suivi de la préparation et de la mise en œuvre de l’opération.
Il faut cependant avoir conscience qu’y participer signifie que l’on accepte le principe général de l’opération, même si l’on peut y obtenir quelques aménagements. Il faudra donc, en son temps, décider de l’attitude la plus efficace. Actuellement, et pour longtemps encore, notre objectif est d’obtenir qu’il n’y ait, ni logements, ni casse du stade.
La délégation a développé tous les arguments et toutes les propositions que vous connaissez à propos du projet

M. NEYRENEUF, tout en commentant certains de nos arguments, voire en admettant parfois qu’ils pouvaient avoir une certaine pertinence, s’est retranché derrière les compétences des adjoints de madame HILDALGO concernés et derrière le prétexte qu’il ne serait pas un politique !
Autant dire que nous n’en avons rien tiré, mais nous nous y attendions. Tout au plus a-t-il répondu que l’objection selon laquelle les écoles du quartier étaient déjà saturées, pourrait être levée en réaffectant à l’enseignement maternel et élémentaire les locaux de l’ancien lycée professionnel Championnet. Ce ne serait pas un luxe, même sans nous imposer le projet que nous combattons. M. NEYRENEUF n’a rien répondu à l’argument selon lequel la mairie veut casser le stade Championnet après avoir déjà entièrement cassé le stade de la Porte Pouchet, ce qui fait quand même beaucoup pour notre quartier.

Pour sa part, la délégation a fait preuve de son sens des responsabilités en admettant que, à condition qu’il s’agisse d’un rez-de-chaussée uniquement, qu’elle soit construite sur l’espace actuellement délimité par la maison du gardien du stade et l’entrée du stade en cours de travaux (travaux qui ne serviront que très peu de temps si le projet abouti), et que le stade ne subisse aucune autre atteinte à son intégrité, une crèche pourrait être envisagée. Nous sommes conscients du manque de crèches dans Paris, et de la difficulté politique de s’opposer à la création d’une crèche. Nous pourrions aussi nous faire ainsi un allié de l’adjoint en charge de la petite enfance.
Notre action s’inscrit dans la durée

Si le projet aboutit, ce que nous refusons évidemment, la piscine serait construite à la fin du mandat de l’actuelle municipalité, et les immeubles en 2020/2021, si l’on en croit, du moins, l’échéancier affiché.

Les prochaines étapes
– Les pétitions pour atteindre les 5000 signatures.
– La demande massive de modification du PLU pour protéger les 162 – 172 rue Championnet en Espace Libre Protégé (ou en Zone Urbaine Verte)
– Participation massive à la réunion publique du 9 juillet
– Trouver les volontaires pour piloter une Association

Une réflexion sur “ Compte rendu de l’entrevue avec Michel Neyreneuf, adjoint à la Mairie du 18e en charge de l’urbanisme. ”

  1. Deux semaines après cette entrevue, la position de Michel Neyreneuf a évolué.
    Venu en visite sur le stade, après la réunion publique du 9 juillet, la mobilisation a visiblement porté ses fruits et l’élu en charge de l’urbanisme travaille à faire évoluer le projet – ce sont ses termes.
    Dans quel sens ? Nous le saurons en septembre / octobre lors des prochaines étapes de la concertation. Mais pour l’heure, la seule chose de certaine qui existe aujourd’hui est le vote du conseil de Paris du 29 juin dernier et il implique la construction de 60 logements sur l’emprise du stade. Comment revenir sur un tel vote ? A part un vote en sens contraire, on ne voit pas bien…

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